Quels enjeux pour 2015 et les années à venir ?

L’effet positif des événement de cette rentrée 2015, puisqu’il faut en trouver un, c’est que les gens commencent un peu à discuter ensemble, unis face un constat que les terroristes ont tristement mis en lumière : il y a quelque chose qui va mal dans notre société. Chacun a son avis sur la question : qu’est ce qu’on doit changer ? Dans cet article, je décris ma vision des choses.


 

J’avais commencé à rédiger ce qui suit pour répondre à un ami sur un réseau social bien connu. Après deux heures passées à écrire, quand j’ai vu la taille du message achevé, je me suis décidé, enfin ?, à ouvrir un blog et à le publier dessus. Et voilà, une façon de plus de consommer le peu de temps libre qu’il me reste en rentrant du boulot.

1. La prison. Je crois que la peine de prison, telle qu’elle est appliquée aujourd’hui, est une grosse erreur. Et ça, même si il n’y avait pas les problèmes de surpopulation. On met ensemble dans une boîte close des gens qui sont cinglés, et d’autres qui sont fragiles, ou désorientés. Comment peut-on espérer qu’ils ressortent de là meilleurs qu’ils n’y sont entrés ? On peut considérer que sont tous des gens irrécupérables, et alors il faut les enfermer à vie pour qu’ils ne blessent personne. Ça n’est pas vraiment mon point de vue. Je pense au contraire qu’on peut en aider une bonne partie à changer, à comprendre leur faute, mais alors il faut les accompagner. Ça peut vouloir dire faire venir un psy, comme un prêtre ou un imam, peu importe; du moment qu’il y a quelqu’un en qui le détenu peu avoir confiance, et qui va lui expliquer pourquoi ce qu’il a fait est mal. Mais pour que ça fonctionne, il faut limiter les interaction entre détenus au minimum : d’une part, c’est la prison, pas une colonie de vacance, mais d’autre part il ne faut pas qu’un détenu très « abîmé » puisse entraîner vers le bas un autre détenu plus modéré. Le reste du temps, on pourrait les faire travailler, sur un truc simple et chiant, à longueur de journée. À la fois pour punir mais aussi pour les re-synchroniser avec la vie, et préparer leur sortie. Pour amortir les coûts, on pourrait utiliser cette main d’œuvre pour produire des choses utiles et/ou monnayables que personne ne veut faire. Dans tous les cas, c’est comme pour le climat : si on attend trop pour réagir, il y aura trop de monde en prison, on ne pourra jamais financer quoi que ce soit, et ça sera foutu. Si ce n’est pas déjà le cas.

2. L’éducation. Le problème suivant sur la liste c’est l’inégalité des enfants vis à vis de l’éducation. Une bonne partie de mon éducation, je la dois à mes parents, l’autre à mes profs. Des profs que l’on forme de moins en moins bien, et qui doivent travailler avec de moins en moins de moyens, avec des classes de plus en plus grandes. L’éducation est la pierre angulaire de notre civilisation, on ne peut pas faire des économies là dessus… Il faut former correctement les profs à faire leur métier et à comprendre les différences entre leurs élèves, leur redonner du pouvoir et donc de l’autorité, arrêter la politique de l’enfant roi, permettre un enseignement plus personnalisé quand c’est nécessaire, et donc diminuer le nombre d’élèves par classe. À mon avis, il y a aussi un gros travail à faire pour dé-diaboliser le redoublement, et laisser les gens évoluer à leur rythme. Le but au fond ce n’est pas de former tous les jeunes à devenir des génies, le but c’est de leur donner au minimum les outils nécessaires pour comprendre le monde et pour ne pas tomber dans ses pièges grossiers. Il faut leur assurer une base solide de connaissance et de compréhension, et s’interdire de laisser sortir un jeune de l’école primaire sans qu’il sache lire, écrire, compter, et sans qu’il ait un bagage culturel minimum. Et surtout suffisamment tôt, donc avant qu’ils deviennent ado, car après c’est souvent peine perdue. J’en profite : il faut bien sûr faire tout ça sans dégrader l’enseignement supérieur, arrêter avec cette politique du 100% de taux de réussite au bac et à la fac qui détruit la valeur des diplômes (et donc des diplômés), et viser plutôt une meilleure orientation des élèves en amont.

3. La ghettoïsation. Du côté des parents, c’est plus difficile car on ne peut pas contrôler ce qui se passe. Par contre on peut améliorer l’environnement des jeunes : s’ils ont des problèmes familiaux, ils doivent pouvoir profiter d’une ambiance plus calme et rassurante ailleurs, par exemple en allant rendre visite régulièrement à des amis, ou à de la famille qui habite à côté. Mais si tous le monde aux alentours vis la même galère, alors ils n’ont pas de porte de sortie. C’est pour ça qu’il faut de la mixité, qu’il faut éviter de se retrouver avec des cités qui craignent et des ghettos de riches avec des licornes et des arcs-en-ciel. Comment peut-on changer ça ? Je ne suis clairement pas expert, mais on pourrait par exemple réguler le marché de l’immobilier (1m² = 10€-20€/mois, ni plus ni moins), ou alors imposer plus sévèrement la loi sur le taux de logement sociaux et les construire un peu partout plutôt qu’en grappe dans un quartier particulier.

4. La politique. Écrire cet article m’a pris deux bonnes heures, un vendredi soir. Je suis sûr qu’une équipe de gens compétents peut faire mille fois mieux, et penser à tout ce qui m’est passé au dessus de la tête. C’est sensé être le boulot des politiques, des gens qu’on a élu pour gouverner le pays. Pourquoi ne le font-ils pas ? À mon avis le système d’élection tous les 5 ans rend impossible la mise en place de grands projets qui ne peuvent se construire que sur le long terme. En partie à cause de considérations « carriéristes », la volonté de se faire ré-élire, etc. Je pense qu’il y a là aussi des choses à changer, pour permettre aux politiques de travailler correctement et efficacement. Ça peut vouloir dire interdire les ré-élections, rallonger la durée qui sépare deux scrutins (par exemple revenir à 7 ans), ou repenser les modes de scrutin pour briser cet affrontement manichéen futile entre la gauche et la droite, par exemple en remplaçant l’élection présidentielle par un scrutin à la proportionnelle pour construire un groupe de 100 personnes qui formeront le gouvernement. (Et oui, même si ça veut dire avoir 20% de FN dans le gouvernement, c’est la démocratie. Avec le temps, et si on change la société dans le sens que j’ai décris plus haut, ce pourcentage baissera sans doute). Il faut surtout remplacer l’élection d’une tête par l’élection d’une idée. Mais ces changements là sont très difficiles, car ce sont les politiques eux-mêmes qui doivent décider de se tirer une balle dans le pied…

Sur tous ces points, j’attends une action de leur part. Ce qui me rend plutôt triste, c’est que je vais sans doute devoir attendre longtemps, et qu’entre temps il y a des jeunes qui se perdent, des vies qui sont gâchées, des gens qui meurent, et le feu du FN qui consume, lentement mais sûrement, chacune des plumes de la Paix.

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